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Pourquoi ChatGPT cite certains cabinets et pas d'autres

il y a 9 heures
6 min de lecture
Smartphone affichant ChatGPT posé à côté d'un ordinateur portable

Photo : Tim Witzdam sur Unsplash

Lorsqu'un client potentiel interroge ChatGPT, Gemini ou Perplexity pour trouver un avocat, un expert-comptable ou un notaire, la réponse cite quelques sources, rarement plus. Ces outils ne choisissent pas au hasard : ils lancent des recherches, lisent des pages et retiennent celles qui répondent clairement à la question. Voici ce qu'en disent la recherche et les éditeurs, et ce que cela implique pour votre cabinet.

Les assistants IA cherchent avant de répondre

Quand une question appelle des informations récentes ou locales, ChatGPT effectue une recherche sur le web. Selon l'aide d'OpenAI, il le fait automatiquement lorsque la question peut bénéficier d'informations issues du web. La réponse comporte alors des citations dans le texte et un bouton « Sources » qui liste les pages citées [2]. OpenAI précise que des requêtes, dissociées de l'utilisateur, peuvent être transmises à des fournisseurs de recherche tiers comme Bing [2].

Google procède de façon comparable pour ses AI Overviews et son AI Mode. Sa documentation décrit des réponses « ancrées » (grounding) dans des pages à jour de son index, retrouvées par ses systèmes de classement habituels. Elle décrit aussi le « query fan-out » : le modèle lance plusieurs recherches connexes pour couvrir les différents aspects d'une question [3]. Il peut ainsi afficher davantage de liens que dans les résultats classiques [4].

Ce que la recherche appelle « GEO »

En novembre 2023, une équipe de chercheurs (Aggarwal et al.) a publié l'article « GEO: Generative Engine Optimization », accepté à la conférence KDD 2024 [1]. Le GEO y désigne les méthodes qui augmentent la visibilité d'un contenu dans les réponses des « moteurs génératifs », ces systèmes qui rédigent une réponse à partir de plusieurs sources. Sur leur banc d'essai, certaines méthodes améliorent cette visibilité jusqu'à 40 % [1]. Leurs principaux constats :

  • citer ses sources, ajouter des citations et des données chiffrées figurent parmi les méthodes les plus efficaces [1] ;

  • dans la catégorie « droit et administration » de leur banc d'essai, citer des sources et ajouter des statistiques donnent les meilleurs résultats [1] ;

  • le bourrage de mots-clés n'apporte rien et peut même réduire la visibilité [1] ;

  • les sites moins bien classés au départ tirent davantage profit de ces méthodes [1].

Ces résultats, issus d'expériences contrôlées, ne garantissent aucune citation. Google rappelle de son côté qu'il n'est pas nécessaire de créer des fichiers destinés à l'IA ni de découper ses textes en petits fragments [3]. Il ajoute que la recherche de « mentions » artificielles sur le web est moins utile qu'il n'y paraît [3]. Le GEO relève donc d'abord de la clarté et de la fiabilité des contenus.

Des contenus clairs, par domaine et par ville

La question d'un client est précise : une matière, un lieu, une situation. Une page « Compétences » qui énumère quinze matières répond mal à chacune. Une page par domaine d'intervention, rattachée au lieu d'exercice du cabinet, répond mieux. Un assistant ne cite que ce qu'il peut rattacher à une question précise.

Google indique qu'un point de vue unique compte, et qu'un simple résumé de contenus existants ne fait que reprendre ce qui est déjà disponible ailleurs. Il valorise les analyses d'experts ou de praticiens qui vont au-delà des connaissances communes [3]. Pour un cabinet, cela peut prendre la forme de :

  • pages questions-réponses rédigées et signées par un professionnel identifié du cabinet, avec leur date de mise à jour ;

  • explications de procédure (étapes, délais, pièces à réunir) qui renvoient aux textes officiels ;

  • données chiffrées issues de sources publiques, présentées comme telles.

Pour les avocats, la structure du site doit suivre les règles de la profession. Le nombre de domaines d'activité dominante revendiqués ne peut dépasser trois, et les termes « spécialiste » ou « spécialisé » sont réservés aux titulaires d'un certificat de spécialisation ou d'une qualification [7].

Fiche Google, avis et cohérence des informations

Pour les recherches locales, Google indique que le Profil d'entreprise (Google Business Profile) peut aider un établissement à être visible dans les réponses de l'IA [3]. Son aide précise que le classement local repose principalement sur la pertinence, la distance et la proéminence. Elle ajoute qu'il n'existe aucun moyen d'obtenir une meilleure place sur demande ou contre rémunération [5]. Les leviers cités :

  • une fiche validée, avec des informations complètes et exactes : adresse, horaires, catégorie [5] ;

  • des avis clients, auxquels Google recommande de répondre ; leur nombre et les notes positives contribuent à la proéminence [5].

Veillez aussi à ce que nom, adresse et téléphone soient identiques sur le site, la fiche et les annuaires. Pour les avocats, répondre à un avis reste un acte de communication : la mention du nom des clients est interdite, et le client ne peut pas autoriser son avocat à lever le secret professionnel [8]. La réponse doit rester sobre et ne rien dire du dossier.

Des pages accessibles aux robots

Google exige qu'une page soit indexée et éligible à l'affichage avec un extrait pour apparaître dans ses fonctionnalités IA [4]. Il recommande d'autoriser l'exploration dans le fichier robots.txt, y compris au niveau de l'hébergeur ou du CDN, et de garder le contenu important sous forme de texte [4].

Côté OpenAI, le robot OAI-SearchBot sert à faire apparaître des sites dans les résultats de recherche de ChatGPT. Les sites qui l'excluent ne sont pas affichés dans les réponses de recherche de ChatGPT [6]. Il est distinct de GPTBot, qui concerne l'entraînement des modèles : on peut autoriser l'un et bloquer l'autre [6]. Selon OpenAI, une modification du robots.txt est prise en compte en 24 heures environ [6].

Les données structurées complètent le dispositif. Google précise qu'elles ne sont pas requises pour ses fonctionnalités IA et qu'aucun balisage schema.org particulier n'est nécessaire, tout en les recommandant pour les résultats enrichis [3]. Elles doivent correspondre au texte visible de la page [4].

Une communication qui reste encadrée

Écrire pour être cité par une IA ne modifie pas les règles déontologiques. Pour les avocats, l'article 10 du Règlement intérieur national impose une information sincère. Il interdit toute publicité mensongère ou trompeuse et toute mention comparative ou dénigrante [7]. L'ouverture ou la modification substantielle d'un site doit être déclarée sans délai à l'Ordre, avec les noms de domaine [7]. Le Conseil national des barreaux rappelle aussi que l'avocat ne peut pas se présenter comme le meilleur et que les termes employés ne doivent pas être exagérés [8].

Une page questions-réponses reste de l'information : aucune promesse de résultat, ni classement ni superlatif. Les experts-comptables et les notaires relèvent de leurs propres textes, à vérifier auprès de leur Ordre ou de leur chambre.

Ce que nous recommandons

  • Vérifiez l'accès des robots : fichier robots.txt, autorisation de Googlebot et d'OAI-SearchBot, indexation des pages clés dans la Search Console.

  • Créez une page par domaine d'intervention et par lieu d'exercice, dans le respect des règles de votre profession.

  • Publiez des questions-réponses signées, datées et sourcées, fondées sur les questions réelles de vos clients.

  • Complétez et faites valider votre fiche Google Business Profile, puis répondez aux avis avec sobriété.

  • Harmonisez nom, adresse, téléphone et domaines sur tous vos supports, données structurées comprises.

Pour savoir comment votre cabinet apparaît aujourd'hui dans les réponses des assistants IA, Tao Sense vous propose un diagnostic gratuit.

Sources

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